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Réflexions liturgiques et théologiques

jeudi 18 octobre 2012


En ces temps troublés, et non seulement dans le domaine spirituel, nous constatons qu'un nombre important de personnes pérégrinent d'Eglise en Eglise, ou en sectes, ou encore en fraternités ou en cellules occultes de tout genre. Ces démarches étant grandement facilitées par le recours à l'Internet. Recherchant ce qui leur convient le mieux ; au regard parfois d'un ego exacerbé, mais le plus souvent par une quête tout à fait respectable de vérité. Cependant le risque est grand de passer de positions extrêmes en positions extrêmes, en recherche du sensationnel, dans lesquelles ces « errants » se perdent en perdant souvent leur temps, et très souvent leur argent.
Cela nous rappelle l'état de pauvreté spirituelle de l'empire romain au troisième, quatrième et cinquième siècle, ou une infinité de voies religieuses s’offraient aux chercheurs. Démarche normale pour un jeune, mais il faut savoir s'arrêter ! Nombre de chrétiens, en ces temps là, ont butiné chez les gnostiques, Mithra, Cybèle, Isis, Sol Invictus et j'en passe. Mais, après leur conversion définitive au christianisme, certains feront un véritable chemin spirituel jusqu'à devenir, même pour quelques-uns d'entre-eux, Pères de l'Eglise. À nous de convaincre les « touristes de Dieu » d'en faire autant.
Certains de nos contemporains ne jurent que par l'ésotérisme, alors que d'autres le rejettent systématiquement. Or, le christianisme fut, dès l'origine, ésotérique et initiatique ainsi que l'affirment les premiers auteurs, à commencer par Mathieu et Luc! Mais il fut aussi très rapidement associé à une démarche exotérique, qui est un réel mouvement vers « l'autre ». Notre démarche doit contenir ces deux aspects. L’exotérisme se nourrissant de l'ésotérisme et réciproquement.
Nous ne pouvons  vivre reclus dans notre grotte, notre demeure, en nous contentant de la prière, de la lecture divine, de la méditation et d’une ascèse individualisée. Mais nous ne pouvons pas non plus nous satisfaire d'assister aux offices, aux pèlerinages, aux conférences de toutes sortes ! Nourrissons-nous donc à ces deux sources ! Elles sont comme nos deux jambes pour nous permettre d’avancer sur le chemin spirituel. Certes, on peut avancer à cloche-pied, mais c'est très fatigant, l'on ne va pas bien loin et la chute est souvent fréquente. Intégrons ces deux aspects du christianisme, et enrichissons-nous d'une véritable dialectique spirituelle : ésotérisme, exotérisme, ésotérisme, etc.
Quant à notre attitude vis-à-vis du monde, notre guide Saint-Jean de Saint Denis précise que nous ne pouvons pas nous contenter de « vivre reclus dans nos cellules monastiques, ni au contraire de nous satisfaire d'un activisme social » en se coupant de tout le reste. Notre action dans le monde doit impérativement se nourrir d'une vie liturgique et sacramentelle et d’une ascèse personnelle ; et vice versa. Notre frère le diacre Marc Guichard, en partant du célèbre « rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. », développe dans son article paru dans la revue « le Chemin » (www. centre-bethanie.org) un aspect similaire, et donne le conseil suivant : « le chrétien est en même temps dans la cité terrestre et dans la cité de Dieu ». Certes, le Christ a affirmé qu'il n'était pas de ce monde ; mais Il a assumé le fait qu'il vivait dans ce monde et ce, jusque sur la Croix.
Père Jean Moise.

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