En ces temps
troublés, et non seulement dans le domaine spirituel, nous constatons qu'un
nombre important de personnes pérégrinent d'Eglise en Eglise, ou en sectes, ou
encore en fraternités ou en cellules occultes de tout genre. Ces démarches
étant grandement facilitées par le recours à l'Internet. Recherchant ce qui
leur convient le mieux ; au regard parfois d'un ego exacerbé, mais le plus
souvent par une quête tout à fait respectable de vérité. Cependant le risque
est grand de passer de positions extrêmes en positions extrêmes, en recherche
du sensationnel, dans lesquelles ces « errants » se perdent en
perdant souvent leur temps, et très souvent leur argent.
Cela nous
rappelle l'état de pauvreté spirituelle de l'empire romain au troisième,
quatrième et cinquième siècle, ou une infinité de voies religieuses s’offraient
aux chercheurs. Démarche normale pour un jeune, mais il faut savoir s'arrêter !
Nombre de chrétiens, en ces temps là, ont butiné chez les gnostiques, Mithra,
Cybèle, Isis, Sol Invictus et j'en passe. Mais, après leur conversion
définitive au christianisme, certains feront un véritable chemin spirituel
jusqu'à devenir, même pour quelques-uns d'entre-eux, Pères de l'Eglise. À nous
de convaincre les « touristes de Dieu » d'en faire autant.
Certains de
nos contemporains ne jurent que par l'ésotérisme, alors que d'autres le rejettent
systématiquement. Or, le christianisme fut, dès l'origine, ésotérique et
initiatique ainsi que l'affirment les premiers auteurs, à commencer par Mathieu
et Luc! Mais il fut aussi très rapidement associé à une démarche exotérique,
qui est un réel mouvement vers « l'autre ». Notre démarche doit
contenir ces deux aspects. L’exotérisme se nourrissant de l'ésotérisme et
réciproquement.
Nous ne
pouvons vivre reclus dans notre grotte,
notre demeure, en nous contentant de la prière, de la lecture divine, de la
méditation et d’une ascèse individualisée. Mais nous ne pouvons pas non plus
nous satisfaire d'assister aux offices, aux pèlerinages, aux conférences de
toutes sortes ! Nourrissons-nous donc à ces deux sources ! Elles sont comme nos
deux jambes pour nous permettre d’avancer sur le chemin spirituel. Certes, on
peut avancer à cloche-pied, mais c'est très fatigant, l'on ne va pas bien loin
et la chute est souvent fréquente. Intégrons ces deux aspects du christianisme,
et enrichissons-nous d'une véritable dialectique spirituelle : ésotérisme,
exotérisme, ésotérisme, etc.
Quant à notre
attitude vis-à-vis du monde, notre guide Saint-Jean de Saint Denis précise que
nous ne pouvons pas nous contenter de « vivre reclus dans nos cellules monastiques, ni au contraire de nous satisfaire d'un activisme social »
en se coupant de tout le reste. Notre action dans le monde doit impérativement
se nourrir d'une vie liturgique et sacramentelle et d’une ascèse personnelle ;
et vice versa. Notre frère le diacre Marc Guichard, en partant du célèbre « rendez donc à César ce qui est à César, et à
Dieu ce qui est à Dieu. », développe dans son article paru dans la revue « le Chemin » (www. centre-bethanie.org)
un aspect similaire, et donne le conseil suivant : « le chrétien est en même temps dans la cité terrestre et dans la cité
de Dieu ». Certes, le Christ a affirmé qu'il n'était pas de ce monde ; mais
Il a assumé le fait qu'il vivait dans ce monde et ce, jusque sur la Croix.
Père Jean
Moise.
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