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Réflexions liturgiques et théologiques

mercredi 30 mai 2012

La Sainte Pentecôte


        Cette liturgie est célébrée avec les ornements liturgiques rouges, couleur du feu de l'Esprit Saint, et commence par les Tierces Royales. L'Office des  tierces fait  partie des petites heures monastiques, et est dédié au Saint Esprit. C’est saint Hugues, abbé de Cluny, qui décide d'enrichir l'Office de tierces de la Pentecôte par un cantique du 9ème siècle que la tradition attribue à Charlemagne. Cette tradition a semblée si belle que l'église l'a adoptée dans sa liturgie. Aux accents inspirés de ce cantique, nous nous recueillons, et appelons le Saint Paraclet qui «plane sur tous les temples de la chrétienté, et descend dans tous les cœurs qui l’attendent avec ferveur ». La première strophe de cet hymne, si tendre et si imposant, se chante toujours à genoux.
            Le Christ a toujours affirmé qu'il était venu accomplir les Ecritures. C'est le cas de la Pâque et de la Pentecôte. Les actes de Notre Seigneur Jésus-Christ respectent les rythmes et les temps de l'Ancien Testament. Moïse et le peuple d'Israël ont traversé la mer des joncs lors de la première Pâque. Le Christ a traversé la mort lors de la seconde Pâque. Puis après 7 semaines dans le désert, au 50e jour fut scellé, sur le Sinaï, l'alliance de Dieu et de son peuple dans le tonnerre et les éclairs : première Pentecôte. Le 50e jour après la résurrection, l'Esprit Saint scelle à nouveau une nouvelle alliance en descendant, dans le tonnerre et les éclairs, sur les disciples et Marie la très sainte Mère de Dieu rassemblés dans la chambre haute : deuxième Pentecôte. Nous pouvons également faire le parallélisme entre la trahison du peuple qui avait suivi Moïse, et celle de saint-Pierre lors de la Passion de Notre Seigneur, ainsi que le doute de Thomas. Nous rappellerons également que 50 est le nombre du Jubilé. Dans les premiers temps de la vie en Terre Sainte, lors de la 50e année, étaient redistribués les « patrimoines ». Les psaumes disent en effet : « le cordeau m'a donné la part la meilleure ». Cette 50e année était une année sabbatique. Elle signe un nouveau départ, en quelque sorte une nouvelle création. Il en est de même pour les 50 jours de la Pentecôte : 49 qui résultent de l'exaltation du sept (7 × 7), le 7 étant le nombre divin de la création, auquel s'ajoute l'unité (1) : signe d'un retour à l'unité, d'un nouveau départ, une nouvelle création. La première Pentecôte du mont Sinaï a fait d'Israël le peuple élu. Il devait donc y avoir une seconde Pentecôte pour tous les peuples, comme il y avait eu une seconde Pâque pour le rachat du genre humain.
Après l'Ascension, les disciples de Notre Seigneur « montèrent dans la chambre haute… Tous d'un même cœur, était assidu à la prière », précise les Actes des apôtres qui rappellent que Jésus « leur prescrivit de ne pas quitter Jérusalem, mais d'attendre la promesse du Père : celle que vous avez entendue de moi : Jean vous a baptisé avec de l'eau, mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés». Ainsi, les apôtres pourront répondre à la mission voulue par le seigneur et précisée par Mathieu (28,19-20) :   « allez donc, enseigner toutes les nations… ».
L'Esprit Saint promis par Jésus, et qui descend sur les apôtres en ce jour, c'est le même Esprit qui était descendu dans le feu du Sinaï pour graver la Torah qui fit d'Israël un peuple. En ce jour les dons qu’Il nous a donnés à profusion vont constituer l'Eglise, que les Actes définissent comme « une multitude de croyants n'ayant qu'un cœur et une âme ». Cet envoi de l'Esprit Saint est inséparable du Christ qui est « porteur de l'Esprit Saint ». Olivier Clément dit à ce propos : « l'Esprit est cette puissance que nous pouvons en quelque sorte assimiler par notre souffle, si notre souffle se fait porteur de Dieu », car le souffle Saint produit une véritable résurrection de notre âme mort, pour la Vie en Christ.
Avec l'Ascension s'achève la présence historique du seigneur, mais sans la Pentecôte, elle resterait sans effet dans notre vie. La Pentecôte actualise le sens de la création et de l'incarnation : c'est le commencement de la Vie en Christ dans le feu du Saint Esprit. Par l'Esprit Saint, Marie enfante à nouveau. Cette fois-ci c'est la Sainte Eglise qui est mise au monde et que Marie a charge de nourrir et de protéger. Ce jour est la fête de tous les baptisés en Christ, ces hommes et ces femmes priant les uns pour les autres. L'Esprit Saint est à l'œuvre dans notre monde, en attendant le retour en gloire du Christ, et comble l'Eglise de ses dons, de ses charismes, et remplit les cœurs de joie et de vie débordante. Ces charismes sont complémentaires les uns des autres comme le dit saint Paul dans la première épître aux corinthiens (12,4-11).

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